Cultivar_35_Olival_Azeite

34 CADERNOS DE ANÁLISE E PROSPETIVA CULTIVAR N.º 35 Olival e azeite Situation actuelle de l’oléiculture marocaine et perspectives de son développement TAWFIK EL ACHCHABI, EL MOSTAFA EL KABOUS ET ASMAA BEN MAÏMOUN Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, Royaume du Maroc Introduction La filière oléicole est une filière stratégique pour l’agriculture marocaine, alliant performance économique, résilience climatiques et valorisation des terres agricoles. De ce fait, l’olivier a bénéficié d’une attention particulière dans le cadre des stratégies agricoles, le Plan Maroc Vert (20082020) et la Génération Green (2020-2030). Cette filière est profondément enraсinée dans les traditiоns des zones rurales et соnstitue unе sоurсe cruсialе dе revеnus et fаit pаrtiе intégrante du patrimоine méditerrаnéen соmmun. Histoire et implantation territoriale Le Maroc est une terre d’oliviers où cet arbre millénaire s’est profondément ancré dans la culture, la gastronomie et les traditions. Symbole de convivialité et d’art de vivre méditerranéen, l’huile d’olive incarne un héritage transmis de génération en génération. Les données archéologiques attestent d’une présence très ancienne de l’olivier en Afrique du Nord, notamment dans la région de Rabat–Témara, bien avant les apports extérieurs souvent attribués aux Phéniciens. Cette ancienneté est également suggérée par des éléments linguistiques et culturels propres à la région. Sous l’époque romaine, l’oléiculture connaît un essor remarquable et devient un pilier économique majeur, comme en témoignent les nombreuses huileries découvertes sur des sites tels que Volubilis, ainsi que dans les régions de Lixus, Tanger et Salé. Ces zones historiques correspondent largement aux principaux bassins oléicoles actuels, illustrant la continuité d’un savoir-faire et d’un patrimoine profondément enracinés. Importance de la filière oléicole au niveau des pays d’Afrique du Nord La filière oléicole en Afrique du Nord, notamment au Maroc, en Tunisie, en Algérie et en Égypte, connaît une croissance soutenue depuis deux décennies, portée par les politiques publiques, les investissements et la demande internationale. La région totalise plus de 4,5 millions d’hectares d’oliveraies, avec une production d’huile variant entre 1,5 et 2,5 millions de tonnes selon les campagnes. Cette région représente 20 à 25 % des exportations mondiales d’huiles d’olive, largement tirées par la Tunisie, alors que le Maroc renforce progressivement sa présence à l’international. Cette dynamique s’accompagne d’une modernisation des systèmes de production (irrigation localisée, unités de trituration performantes) et d’une amélioration de la qualité. Toutefois, cette filière reste confrontée à des contraintes majeures, notamment la variabilité climatique, la pression sur les ressources en eau et la fragmentation des exploitations. A terme, le développement de la filière au niveau de ces pays devrait s’orienter vers davantage de durabilité, de valorisation qualitative et de diversification des marchés, confirmant une transformation structurelle en cours malgré un contexte climatique exigeant. Importance socio-économique de l’olivier au Maroc L’olivier, de par ses produits et leurs utilisations séculaires ainsi que ses fonctions multiples de lutte contre l’érosion, de valorisation des terres agricoles et de fixation des populations dans les zones de montagne, constitue la principale filière fruitière cultivée au Maroc et représente 65 % de la sole arboricole nationale.

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